Ce projet a pris sa source dans différents courants d'expression corporelle. Ma participation, durant une dizaine d'années, à l'élaboration technique de nombreuses œuvres chorégraphiques, a généré une réflexion sur la communicativité de la gestuelle. Dans un premier temps, je me suis dédié à figer ces fantastiques entrechats, pas-de-deux, ciseaux ...exécutés par les infatigables danseurs ; rencontrés dans les lieux d'exhibitions ainsi que dans les salles de répétitions, il m'ont permis de découvrir un Fantastique instrument de communication universelle : le corps humain. Délaissant par la suite le formalisme académique, je donnai alors libre cours à mon regard, guidant mes émotions vers l'esthétisme corporel.

Or, mes expériences en ce domaine m'ont permis de constater que l'expression artistique n'était pas rattachée à un lieu spécifique de représentation mais que les artistes fondaient, forgeaient leurs antres. Ma première exposition individuelle,

(Théâtre Nacional de Saint Domingue, 13/6/2002) fut créée autour de ce concept : les artistes créent leurs théâtres, modèlent leurs lieux d'expression. Comparant trois théâtres, d'époques, de lieux, et de culture différents.

La volonté de s'exprimer n'a pas de frontières, elle n'est pas limitée à la parole, elle possède au contraire d'innombrables moyens. J'ai décidé de focaliser mon travail sur l'art de communiquer avec son corps, car c'est à mon avis le moyen d'expression le plus inné, le plus surprenant et le plus permanent , ne souffrant d'aucune barrière, et ouvert au plus grand nombre d'êtres humains.

De nombreuses ethnies ont privilégié ce mode de communication, l'utilisant pour communiquer avec le plus grand nombre de leurs prochains, mais aussi avec d'autres antités.

Lorsqu'une culture est bâtie autour de la musique et du corps, que les dieux sont invoqués avec des rythmes sensuels, que l'on révoque par la musique et la danse, que tout est prétexte à utiliser ce formidable instrument, le mot mouvance acquiert alors toute son ambiguïté.

Mouvance culturelle est le résultat d'une recherche personelle qui a nécessité beaucoup de travail ; la culture dominicaine, riche en paradoxes et en émotions n'est pas facile d'accès, ce peuple a souffert : d'actes odieux, de manque de reconnaissance.

La religion syncrétiste populaire fut alors pratiquée par un grand nombre de Dominicains, mais on s'en cachait.

On l'appelle "vaudou dominicain", je n'emploirai pas ce terme, même si cette culture puise certaines de ses racines dans le vaudou haitïen, le peuple dominicain à su lui donner son identité ; certaines composantes sont similaires, mais c'est une autre religion qui est pratiquée à l'Est de cette île que les Tainos nommaient Aiti .

Aussi, rencontre-t-on beaucoup plus de festivité, de jovialité, une forme d'auto-dérision calculée, dans la pratique de ces rites religieux très particuliers.

Mon travail ne s'axe pas sur la religion, je l'ai plutôt utilisée comme support car, comme dans beaucoup de sociétés, elle est une des bases culturelles de ce pays.

Chaque mouvement a une signification, chaque danse révèle le comportement, l'humeur, l'état d'esprit des femmes et hommes qui les interprètent.

On danse pour : communiquer ses sentiments, montrer sa dextérité, son amour, son désir, sa colère, son mépris, ses convictions, son chagrin, sa douleur.

Ici tout passe par la danse, jusqu'à la croyance et la dévotion,

mais on ne se meut pas n'importe comment, les règle sont établies , elle évolueront, certes, mais sont respectées par ce peuple

dont la constante mouvan ce culturelle caractérise la personnalité.